Régis Labeaume est fascinant. Pour débarasser Québec de sa vieillotte appellation «Vieille Capitale»,
et y coller un nouveau «branding», il a embauché un psy. Clotaire Rapaille.
Un Français qui vit surtout aux USA.
M. Rapaille a confié à ma collègue Annie St-Pierre, qui l'a joint à Paris, oui môssieur,
qu'il s'inspirera du quartier Saint-Roch, là où pleuvent les subventions.
Nous aurons donc bientôt une nouvelle identité. Subventionnée, sans doute.
Rapaille voudra donc tenter la greffe: planter des riches chez les pauvres. Pour récolter de la monnaie?
Des actuaires chez les artistes. Des dentistes chez les assistés sociaux. Des fonctionnaires, des mendiants, etc.
Clotaire Ripaille, pardon, Rapaille, Clotaire Rapaille va intégrer le Chateau Frontenac
dans son concept pour faire de Saint-Roch un quartier «fou, fou, fou», comme le veut le maire Labeaume.
J'imagine qu'on verra un jour Jean Soulard faire des won tons frits au
Wok n' Roll...
Pourquoi les vendre 2 $ aux pauvres quand tu peux les «brander» et les offrir à 20 $ la paire aux riches?
Anyway, Clotaire, oui, appelons-le Clotaire, puisqu'il s'installera chez nous avec sa suite et ses honoraires,
eh bien Clotaire n'a évidemment pas pensé à Beauport. Beauport au passé si glorieux et au futur tellement taxable.
Il me semble qu'il aurait pu davantage plonger dans l'âme de la majorité con-tribuable en s'inspirant de Beauport-au-Prince,
enfin libérée, sans tambours ni trompettes, de l'insignifiant Letendre, l'ex-mini-maire de notre rectangulaire arrondissement.
Clotaire aurait vu ici la vraie vie. Pas l'artificielle urbanité de Saint-Roch-les-Subventions. Saint-Roch-la-Farce-municipale.
J'imagine qu'ensuite il proposera de déménager Hugo Boss dans Saint-Sauveur et nous faire croire,
qu'à coups d'honoraires et de penseurs patentés, on pourra y recréer Hong Kong. N'y a-t-il pas trois épiceries asiatiques?
Non, je vous le dis, c'est à Beauport-au-Prince, en hiver, que notre cher et coûteux Clotaire, aurait dû installer ses payantes pénates.
La vraie vie des enterrés vivants six mois par année. Les tas de neige sale sur les parterres.
L'étrange guerre que mène l'armée municipale contre les pauvres cons-tribuables;
la folle relation de la ville avec l'hiver et ses citoyens-marmottes, ça, ça mérite une psychanalyse...
Clotaire y verrait des gens écrire leur adresse sur les bancs de neige avec des bombes aérosol. Comme des graffiteurs...
Et notre cher et coûteux Clotaire aurait pu faire la rencontre de Marc Simoneau, icône du micro et de la banlieue.
Et s'imprégner de notre substrat banlieusard: D'Estimauville, Royale, Robert-Giffard, Starbuck's, Bureau en Gros,
Canadian Tire, Matelas Dauphin, Sushi Zen, Mini Moteur Hébert, Benjamin Moore, Wal-Mart, la Roulotte du Boulevard, Monsieur Balayeuse...

Il me semble que Clotaire a de quoi nous faire un beau pâté mental. Je l'imagine de son loft parisien en parler avec l'inérrable Simoneau:
- Oui, alors, monsieur le con-seiller municipal, sur le plan sociologique, le trait unitaire caractérisant cette zone de négligence municipale,
vous croyez qu'on peut en faire un socle sociosignifiant, quelque chose de moderne et porteur?
- Euh, au niveau de la ville, j'peux pas dire, mais on va-tu réparer l'aréna en même temps?
- Bien sûr, le sport... C'est dans la nature des pauvres de s'énerver sur la glace ou sur le gazon.
J'ai vu ça aux Indes et en Islande, un pays riche bourré de pauvres et un pays riche en faillite.
Mais nous ne reviendrons pas à Néron, M. Simoneau. Je crois c'est Marcuse qui disait que de l'insignifiant surgit
l'espoir, il faut juste y regarder de près. Alors écoutez-moi: diriez-vous que nous sommes devant l'insignifiance? Là, aujourd'hui, M. Simoneau?
- Euh, faudrait demander au maire Labeaume, moi, vous savez... Mais si vous voulez les statistiques à jour des Coyotes de Phoenix,
ils ont été battus hier par le Canadien, alors...
- Je crois que je n'aurai pas besoin de vous, M. Simoneau. Des coyotes et des marmotes non plus.
- Vous serez peut-être mieux en ville. Et puis vous aurez le bonheur de faire plaisir à vos yeux...
- Comment ça?
- Anne Guérette. La belle Guérette. Je le dis sur mon blogue, les Dossiers Simoneau, c'est la plus belle du conseil.
Elle a de la compétition maintenant avec Julie Lemieux mais quand même, ça ramollira vos cataractes....
- Faites attention, M. Simoneau. Vous risquez de développer un déficit d'attention.
- Oui, quoi? Qu'est-ce qu'on disait?
- Je vous parlais des Coyotes de Phoenix...